Édito du premier dimanche de Carême – le 21 février 2021

Edito du premier dimanche de Carême

NOTRE-DAME DE VINCENNES

QU’EST-CE QUE LE CARÊME ?

On appelle « carême » la période de quarante jours (quadragesima) réservée à la préparation de Pâques, et marquée par l’ultime préparation des catéchumènes qui doivent recevoir le baptême le jour de Pâques.

Pourquoi le carême dure-t-il quarante jours ?

Parce que ce nombre a une valeur symbolique dans la Bible :
40 jours de Jésus au désert au début de son ministère, temps d’épreuve et de ressourcement (Mt 4,2),
symbole des 40 ans du séjour des Hébreux au désert durant l’Exode.

On pourrait évoquer aussi dans la Bible :
40 jours de Moïse sur la montagne en présence de Dieu (Exode 24,18)
40 jours de marche d’Elie vers la montagne de Dieu (1 R 19,8)
40 jours de déluge où la terre est recouverte (Genèse 7,4)
40 jours de pénitence de Ninive sur les injonctions de Jonas (Jonas 3,4)
40 ans de l’Exil des juifs à Babylone

Quel est le sens du Carême chez les chrétiens ?

  • Pour tous un temps de jeûne, de prière et de partage en préparation de Pâques.
  • Pour les catéchumènes le temps du catéchuménat en préparation du Baptême qui sera reçu dans la nuit pascale ; un peu comme un temps de fiançailles.
  • Il reste pour tous un temps de ressourcement et de « révision » des bases de notre foi.
  • Pour les pénitents, un temps de pénitence en préparation de la réconciliation qui était célébrée autrefois le Jeudi Saint, à l’époque où l’on ne pouvait recevoir le sacrement de la réconciliation qu’une seule fois dans sa vie, après une faute extrêmement grave, comme d’avoir abjuré sa foi ou tué quelqu’un ; c’était
    un peu comme un second baptême.

Il reste pour tous un temps de conversion et de pénitence où l’on demande le pardon de Dieu.

Comment « pratique-t-on » le Carême » ?

La pratique du Carême va insister traditionnellement sur 3 points (voir Mt 6, 1-18) :
Le jeûne.

C’est-à-dire une forme de privation par quoi on veut montrer que l’on est libre par rapport aux dépendances matérielles : tabac, alcool, drogue, bien sûr, mais aussi d’autres formes de dépendances qui dépassent de loin la seule nourriture. C’est, dans toutes les religions, un exercice qui favorise l’intériorité. Concrètement, au cours du Carême le Jeûne est demandé le jour du Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Il consiste à prendre un repas léger le midi, sans alcool et sans viande. Ne pas confondre avec l’abstinence (de viande) qui est demandée, durant le Carême, tous les vendredis et le mercredi des Cendres.

Le partage, ou l’aumône.

Si le jeûne nous permet de vivre en hommes libres, le partage nous invite à vivre en frères. Lié au jeûne, le partage indique le sens de nos privations. Il ne s’agit pas de se priver pour le plaisir (ou plutôt pour la douleur), mais bien pour s’ouvrir aux autres. Après tout, nous célébrons à Pâques, le don de soi du Fils de Dieu, auquel nous sommes invités à répondre à notre tour.

Traditionnellement, durant cette période de Carême, les communautés chrétiennes, les associations ou services d’Eglise (comme le CCFD ou le Secours Catholique) organisent des temps forts de solidarité pour les plus pauvres, proches ou lointains.

La prière est le troisième volet de la pratique du Carême.

Cette fois, c’est une invitation à vivre en fils de Dieu.

Si par le jeûne, on se « désencombre » de soi, si par le partage on comble l’autre de notre richesse, par la prière on se remplit de la présence de Dieu, ou plutôt on laisse Dieu nous remplir de sa présence. Comme pour le jeûne et le partage, on se reportera à l’Evangile selon st Matthieu (Mt 6, 1-18) qui engage à vivre le jeûne, le partage et la prière « dans le secret », c’est-à-dire non pas de manière extérieure, formelle et ostentatoire, mais dans l’intériorité. Le plus important, c’est l’attitude intérieure et non pas le respect formel d’un rite par pure obéissance. Dans beaucoup de paroisses ou de mouvements (ou d’établissements scolaires) ce temps de Carême est l’occasion d’organiser des réunions de prière ou de réflexion ou encore des célébrations supplémentaires.

Père Jean-Marie SORO

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