Je suis la voix !

Père Roger Marchand 

Pour nous préparer aux fêtes de la Nativité l’Eglise, ces dimanches, nous invite à rencontrer Jean-Baptiste, le dernier des prophètes…

Nous connaissons ses origines : il est l’enfant de la promesse qui sur le tard vient réjouir Elisabeth et Zacharie, il est le fils qui se manifeste dans le sein de sa mère dès la venue de la Vierge Marie et que son père, contre toute attente, nommera Jean.

«Jean » un mot qui en hébreu veut dire « Dieu fait grâce », un nom qu’il saura porter.

Il se présente comme une voix, un cri qui s’élève dans le désert…

Il a quitté les siens et leur confort pour se rendre plus proche, plus crédible. Il s’est installé dans ces lieux inhospitaliers pour rejoindre ceux qui passent, ceux qui y séjournent…
Tout étonnés de le trouver là dans son accoutrement, d’emblée ces derniers le prennent pour dérangé, un illuminé. Puis peu à peu ils découvrent que cet ermite a quelque chose à leur dire, qu’il connait leurs attentes, qu’il ne se contente pas de les admonester. Bientôt les gens accourent pour l’écouter, ils reconnaissent en lui l’homme de Dieu habité pas sa présence chargé de leur annoncer une Bonne Nouvelle, de leur indiquer que le Messie tant attendu frappe à leur porte et qu’ils doivent se presser d’ouvrir leur cœur et leur intelligence pour ne manquer ce rendez-vous.

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ! »

L’évangile nous dit que toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui et se faisaient baptiser en confessant leurs péchés.Il se considère comme l’humble artisan d’un projet qui le dépasse … Aux prêtres et aux lévites venus l’interroger, il leur répond sans ambages qu’il n’est ni le messie ni quelqu’un qui voudrait troubler l’ordre public. Il leur déclare qu’il n’est, pour un temps, qu’un prophète envoyé par Dieu pour dire à ses concitoyens qu’ils ont de la chance, que Dieu en personne  va venir habiter chez eux mais que cette chance se mérite, qu’on ne la saisit pas sans conversions « Parmi vous, il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas.

Il est plus grand que moi. Il baptisera dans l’Esprit Saint. »

Bien vite les événements viendront confirmer ses affirmations :

– Un jour, au milieu de la foule, il identifie le Christ en personne qui s’approche pour lui demander le baptême…

Tout heureux il le désigne à l’assemblée en s’écriant « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ! » et il le baptise non sans rappeler son indignité. Cette proclamation et ce baptême résument toute sa mission, ils en sont le summum et la conclusion, Ils le situent à la charnière de l’Ancien et du Nouveau testament Quelque temps après, Hérode, le tétrarque, se fâche et le fait mettre en prison : Il a osé le blâmer pour son inconduite… Furieuse, Hérodiade, son épouse cherchait sa revanche, elle la trouve au cours d’un repas de fête.

Elle demandait sa tête, on l’a lui apporte sur un plateau….

Jean « Dieu fait grâce » La fête de la Toussaint nous rappelle que les saints sont le miroir de Dieu, qu’ils réfléchissent son visage, qu’il se reflète en eux par leurs engagements. Jean-Baptiste est la « voix qui crie dans le désert », le témoin qui s’est donné tout entier, qui nous parle et nous inspire encore aujourd’hui spécialement en ces temps de l’avent, qui devrait nous réveiller. « Là où les saints passent, Dieu passe avec eux » disait le curé d’Ars.

Père Roger Marchand