Édito du 16 mars 2020

VIVRE ET PRIER AU TEMPS DU CORONAVIRUS …

 

Sans être des « transhumanistes » persuadés que la « mort de la mort » est imminente et que l’on pourra bientôt réparer, améliorer, transformer l’être humain à l’envi, il faut bien reconnaître que les gens de ma génération  et les suivants nous vivions dans la douce illusion que notre espérance de vie augmenterait à l’infini et que les grandes terreurs affectant la vie des populations européennes étaient définitivement derrière nous.

Vaccinés, bien nourris, accompagnés de manière remarquable par nos services de santé, nous nous croyions à l’abri et voilà qu’un méchant virus venant de Chine s’est mis à parcourir le monde ouvert qui est le nôtre et que nous aimons visiter d’ordinaire. La course du virus semble durable et terrifiante. Voilà que nos peurs ancestrales remontent à la surface : et s’il s’agissait d’une pandémie (une épidémie à grande échelle et grave)… Et si nos voisins, les membres de nos familles étaient contaminés ou risquaient de nous contaminer…

Au moment où j’écris cet éditorial, force est de constater que nous ne maîtrisons pas grand-chose ! Nous voyons que le virus continue sa route mais que les autorités de l’État mettent en place des mesures draconiennes pour tenter de freiner sa course.

Quelle doit être notre attitude face aux décisions prises par les pouvoirs publics ?

La réponse est claire et sans détour : les pouvoirs publics, l’État, doivent garantir le Bien commun des populations qui sont de leur ressort. Le Bien commun concerne le respect de la personne humaine et de ses droits fondamentaux. Parmi ceux-ci il y a le droit à la protection de la santé des personnes. Nous nous devons donc d’appliquer les mesures que nos responsables politiques viennent de mettre en place pour le bien de tous (cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Église, § 164 et suivants ; cf. Romains 13,1-7).

Peut-être aurons-nous dans les jours qui viennent à supprimer des réunions, des rassemblements prévus de longue date comme notre Assemblée paroissiale de ce week-end que nous avons dû reporter.

Peut-être en arriverons-nous à ne pas maintenir pour un temps nos assemblées dominicales (les messes).

Peut-être devrons-nous remettre à plus tard des visites à des personnes âgées ou à des petits-enfants, anniversaires, rencontres familiales ou amicales : alors, restons en contact par les moyens modernes qui sont les nôtres : téléphone, Internet.

Ces mesures ont déjà été prises dans plusieurs pays d’Europe proches du nôtre. Elles ont pour but de ralentir la diffusion du virus : ce sont donc des mesures salutaires auxquelles il faut se soumettre pleinement pour le bien de tous.

Ce n’est pas facile à admettre parce que lorsque l’on vit dans l’angoisse on a encore plus besoin du soutien des frères et sœurs.

Alors que faire ? Si nous devons rester chez nous ou passer furtivement à l’église, n’hésitons pas à lire en solitude ou en famille les lectures bibliques de la messe du jour. Tout cela est facile à trouver sur le site Internet :  aelf.org ou sur les petits livres de prière tels que Magnificat ou Prions en Église ou sur le Missel des dimanches de l’année en cours.

Surtout, mettons-nous en prière. Oui, prier c’est se mettre en présence de Dieu et entrer dans la paix qu’Il nous procure lorsque nous lui offrons notre silence, lorsque nous osons nous adresser  à Lui pour Lui confier ceux qui œuvrent en ce moment au bien de tous dans les hôpitaux, dans les services de l’État et de nos communes. Présentons au Seigneur ceux que nous aimons en prononçant simplement à haute voix ou dans le silence de nos cœurs leurs prénoms. Vivons la communion des saints plus que jamais, c’est-à-dire ce lien qui existe entre les vivants et aussi avec nos défunts qui sont déjà dans la lumière incorruptible de Dieu.

Ayons enfin l’attitude de la Vierge Marie à l’écoute de son Fils, méditant et cherchant à comprendre à travers les vicissitudes de l’existence le sens de l’histoire personnelle et commune de notre humanité que Dieu en son Fils Jésus est venu racheter :

Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et mère des hommes comme toi donne-nous de nous tenir au plus près de ton fils Jésus dans les jours heureux comme à  Cana, comme au pied de la Croix.

Nous pouvons aussi redire cette prière du IVème siècle :

Sous l’abri de ta miséricorde nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve

Mais de tous les dangers, délivre-nous toujours,

Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.

 

                                                                                                              Père Stéphane AULARD, votre Curé.