Édito de dimanche 10 janvier 2021

Le baptême du Seigneur

Chers amis,

En cette fête du Baptême du Seigneur, qui vient clore le temps liturgique de Noël, alors que notre église vient tout juste de récupérer la chapelle du Sacré-Cœur et de Saint Louis, plus belle que jamais, vous n’aurez pas manqué de voir le nouvel arrivé : le nouveau baptistère de notre église, massif, il vient nous redire visuellement le socle, le rocher de fondation de notre vie chrétienne : notre baptême !

C’est le premier des sacrements, rappelons juste que pour faire un sacrement, il faut la matière, la forme et un ministre qui ait l’intention de faire ce que fait l’Eglise. La matière des sacrements est la chose sensible qu’on emploie pour les faire ; comme, par exemple, l’eau naturelle dans le Baptême, le Saint-Chrême dans la Confirmation. La forme des sacrements consiste dans les paroles qu’on prononce pour les faire. Le mot « baptême » vient d’un verbe grec, « baptizein », qui veut dire « plonger ». On appelle donc ce sacrement par son rite central : la plongée dans l’eau, signe d’un changement de vie radical. Comme Jésus à Pâques, et avec lui, le baptisé plonge dans la mort pour renaître à une vie nouvelle, la vie de Dieu.

J’aimerais raviver à vos yeux les grands symboles du baptême chrétien qui nous redisent la profondeur de ce sacrement :
1) Le signe de la croix, à l’entrée de la célébration, marque l’empreinte du Christ sur celui qui va lui appartenir et nous redit le prix de notre rédemption : la croix du Christ.
2) L’annonce de la Parole de Dieu illumine de la vérité révélée les candidats et l’assemblée, et suscite la réponse de la foi, inséparable du Baptême. En effet, le Baptême est d’une façon particulière  » le sacrement de la foi  » puisqu’il est l’entrée sacramentelle dans la vie de foi.
3) Puisque le Baptême signifie la libération du péché et de son auteur, le diable, on prononce un exorcisme sur le candidat et il renonce explicitement à Satan.
4) La matière du baptême est l’eau naturelle. Notre Sauveur a dit à Nicodème : « Celui qui ne sera pas régénéré par l’eau et par l’Esprit ne pourra pas entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3, 5) et Saint Paul enseigne que l’Eglise a été purifiée par l’eau (Ep 5, 15). L’eau est véritablement la matière universelle, l’eau présente un double symbole : elle est nécessaire à la vie et peut aussi tout emporter dans la mort, mais fécondée par le souffle de Dieu (Gn 1, 2), elle sert la vie. Elle évoque ensemble la purification et la sanctification. Des figures, des oracles des prophètes expriment cette matière : c’est le déluge qui purifie la terre et saint Paul déclara aux Corinthiens (1 Co 10, 1) que le passage de la mer Rouge a la même signification. « La chair est lavée pour que l’âme soit purifiée » disait Tertullien. « L’eau représente ainsi admirablement l’effet du baptême. Le prêtre verse l’eau par trois fois, sur la tête du candidat en disant : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Ces paroles constituent la forme essentielle, parfaite et entière du baptême. C’est en ces termes qu’elle fut donnée par Jésus-Christ : « Baptisez les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). L’eau et la parole unies ensemble sont comme un signe perpétuel de l’union qui s’est faite de la nature divine et de notre nature humaine « .
5) L’onction du Saint Chrême : c’est une huile parfumée consacrée par l’évêque à la messe chrismale et utilisée pour les onctions de consécration : baptême, confirmation, ordination et aussi dédicace des églises et des autels ou consécration de vases sacrés. « Cette onction signifie le don de l’Esprit-Saint au nouveau baptisé qui devient un chrétien, c’est-à-dire « oint » de l’Esprit-Saint incorporé au Christ qui est oint prêtre, prophète et roi » (CEC, 1241). Dans la liturgie romaine cette onction annonce la confirmation qui achèvera l’onction baptismale.
6) Le vêtement blanc : Le vêtement blanc tient lieu de la « robe nuptiale » nécessaire pour le festin du Royaume (Mt22, 11). Il annonce la vie pure et sans tache que doit mener le baptisé. Le vêtement blanc symbolise enfin que le baptisé a « revêtu le Christ » (Ga 3, 27), est ressuscité avec le Christ.
7) Le cierge allumé : « Conduisez-vous en enfants de lumière » (Ep 5, 8). Tenez votre lampe allumée pour le retour du Christ, c’est la leçon de la parabole des vierges sages et des vierges folles (Mt 25, 1-13). Allumé au cierge pascal, ce cierge signifie que le Christ a illuminé le néophyte. Dans le Christ, les baptisés sont « la lumière du monde » (Mt 5, 14).

Vivons toujours de notre baptême !

Abbé Vincent Schlatter de Pomphily