Roi, sans insignes royaux, ni palais.

Père Serge Odjoussou Vicaire à ND de Vincennes.

 

Selon le calendrier propre à l’Eglise, l’année liturgique s’achève ce dimanche avec

 la fête du Christ Roi de l’univers.

Il me semble tout à fait bienvenu et symbolique de célébrer la royauté de Jésus le dernier dimanche qui termine et couronne l’année.
La solennité du Christ Roi de l’univers constitue en quelque sorte le résumé de toute notre foi, car elle célèbre, selon les mots de notre credo, « le Christ élevé dans la Gloire sans fin, d’où Il viendra juger les vivants et les morts » : c’est à la fin des temps, alors que toutes les puissances du monde retournent au néant qui les a vus naître, qu’est proclamée le Règne éternel de Jésus !

La mise en scène du jugement final dans l’évangile qui nous est proposé en cette fête ne doit pas faire illusion : « sur son trône de Gloire », entouré des anges dans le rassemblement universel de toute la création, le Roi proclame un étrange discours d’investiture ; et l’argument qui préside à l’exercice de la « justice » de Son Royaume tient dans ces mots :

« Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

L’évangile nous livre une image royale assez originale qui ne correspond guère à celle d’un pouvoir autocratique, ni à celle d’une puissance politique et guerrière.
A nos oreilles, le titre de roi a des relents de triomphe, de privilèges, et parfois hélas ! de conquête et de violence.
Or la royauté du Christ s’identifie aux plus démunis. C’est en eux qu’IL veut que nous retrouvions ses insignes royaux. IL ne veut pas être reconnu dans le faste ou la splendeur triomphante des palais, mais dans l’humilité déroutante des personnes abandonnées.

L’étonnement des rejetés devant le verdict prononcé par le roi

en dit long sur la difficulté de Le reconnaître dans les pauvres ; tous ceux et celles qui ont accompli les gestes de miséricorde envers leurs frères et sœurs en humanité, de même que ceux et celles qui s’y sont refusés n’en reviennent pas :

« Quand ?… Comment ?… C’était donc Toi ?… »

Chers frères et sœurs, le Seigneur se tient aux carrefours de notre quotidien et multiplie en notre faveur les possibilités de participation à son règne. Sachons Le reconnaître et faisons en sorte de L’entendre prononcer sur nous ces paroles :

« venez, les bénis de mon Père,

recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde ».

Père Serge ODJOUSSOU