La semaine pour l’unité des chrétiens, et après ?

Père Luc de Ravel  Paroisses de St Louis de Vincennes et ND de St Mandé Communauté du Chemin Neuf

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens s’est achevée, mais l’échange de chaire se poursuit ce dimanche dans notre secteur, puisque le pasteur Patrick Chong, de l’église protestante unie de France prêchera à l’église Notre Dame de Vincennes durant la messe de 11h.

Plus largement, le travail œcuménique entre les églises continue,

nourri par notre prière et la volonté active qui s’exprime patiemment mais durablement du côté de nos responsables d’églises. L’énergie du pape François et sa capacité à se faire proche tant des uns que des autres a sans doute aidé à rendre visible l’actualité du dialogue œcuménique. Les enjeux se déplacent,
et rendent toujours plus vibrant l’appel à construire des ponts entre nos communautés respectives, à tous les échelons de la vie ecclésiale. L’actualité proche des grandes rencontres œcuméniques nous donnent un aperçu des lieux où se jouent aujourd’hui l’unité des chrétiens, et qui demandent notre attention fervente.

Là où le dialogue œcuménique rencontre la plus grande frilosité,

c’est sans doute avec les églises évangéliques. Des signes concrets encouragent cependant le dialogue qui se poursuit depuis vingt ans. En France, la conférence des évêques de France, réunie à Lourdes en novembre dernier, a accueilli et donné la parole au pasteur Étienne Lhermenault, président du Conseil
national des évangéliques de France. L’épisode aurait pu passer inaperçu, placé à la toute fin de cette troisième journée de l’Assemblée plénière d’automne des évêques. L’intervention du pasteur avait pourtant son importance, du moins symbolique, puisqu’il s’agissait d’une première. Cette invitation inédite était « un signe de respect et de fraternité », s’est félicité le
pasteur à la tribune de l’hémicycle Sainte-Bernadette.

Comment expliquer que le dialogue entre catholiques et évangéliques ait progressé ces dernières années,

au point de rendre possible la présence de l’un d’eux ce soir-là à Lourdes ? « Si je comprends bien, le peuple de notre Église est moins nombreux, mais plus confessant », a lancé Étienne Lhermenault aux évêques, donnant en creux un élément de réponse. « La sécularisation, la fin de la chrétienté, entraînent un renouvellement de l’identité catholique, et donc une envie renouvelée de proposer la foi », explique le père Emmanuel Gougaud, directeur du service national pour l’unité des chrétiens, au sein de la Conférence des
évêques de France. « Une telle motivation ne peut pas ne pas plaire aux évangéliques. », même s’il reconnait que « Pour l’instant, nous en sommes encore au stade de l’interpellation mutuelle. »

Par ailleurs, le 12 février 2018, se rencontreront dans la capitale autrichienne le métropolite Hilarion,

président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, et le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, en commémoration de la rencontre historique entre le pape François et le patriarche orthodoxe russe Kirill à la Havane en 2016, signe que de bonnes relations continuent de se nouer avec le patriarche de Moscou. Cette rencontre sera pour nous une occasion de continuer à prier pour l’unité entre catholiques et orthodoxes, russes en particulier, dont dépend aussi les relations fragiles entre l’Europe et la Russie.
Avec le pape François,

« Demandons aujourd’hui cette grâce, la grâce de cette diversité réconciliée dans le Seigneur,

de ce Dieu qui est venu parmi nous pour servir et non pour être servi ».

Source : La Croix

Père Luc de Ravel