Au cœur de la souffrance : l’espérance

« Nous voulons tous être heureux »

(Cicéron., Hortensius. frg., 36 ; citation reprise par AUGUSTIN .,dans  « De beata uita – La vie heureuse », II, 10, »),

c’est-à-dire que nous aspirons au bonheur. Or, si nous écoutons les cris de notre monde, nous pouvons entendre bien des souffrances qui semblent démentir cet axiome sur la volonté universelle du bonheur. Et devant ces faits, nous nous sentons parfois impuissants et découragés que nous arrivons à penser :

 «À quoi bon faire quoi que ce soit ! »,

ou encore à dire comme Job : « …je ne compte que des nuits de souffrance ; ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur » (Jb 7, 3.7).

La maladie dont souffrent entre autres nos sociétés aujourd’hui, c’est cette désespérance qui affecte et ronge le cœur des hommes.

Et voilà qu’au milieu de tout cela, le Christ est toujours là, nous rejoint dans notre vie, frappe à la porte de notre cœur, pour nous dire :

« Je suis la Résurrection et la Vie » (Jn 2, 25),

et nous inviter à quitter nos peurs, nos refuges, à faire route avec lui, à nous laisser guider par lui, à retrouver la confiance dans la vie et l’avenir.

L’espérance est une force qui se trouve cachée au plus intime du coeur.

Elle  est source de vie. L’homme qui n’espère pas s’arrête de vivre, il n’a aucune envie de marcher, il regarde en arrière.

Écoutons ce bref passage du Sermon 158, 8 de l’évêque d’Hippone :

« Dans notre pèlerinage [sur terre], il nous faut l’espérance, elle est notre consolation dans le chemin. Quand la marche pèse au voyageur, il supporte toute sa fatigue, car il espère toucher un jour au terme. Enlevez-lui l’espoir d’arriver et vous briserez en lui la force de marcher ».

Accueillons donc dans nos coeurs la petite flamme de cette espérance qui est un don, soignons-la — car au milieu de nos difficultés, de nos soucis et de nos solitudes elle risque de s’éteindre — gardons-la toujours vivante, c’est-à-dire créative.

 

Père Frédéric ADROMA