De la solitude du désert à la montagne de la transfiguration

Depuis une dizaine de jours, nous avons commencé l’itinéraire du carême, un cheminement qui nous conduit vers Pâques. Jésus, Le premier, a fait ce chemin qui, d’abord le mène à travers la solitude du désert, dans un conflit âpre et décisif avec les forces du mal.

Dans l’évangile de ce dimanche, nous le rejoignons sur la  montagne où il laisse transparaître, un court  instant,  la clarté resplendissante de Pâques vers laquelle nous cheminons à la suite des apôtres, des prophètes et de tout ceux et celles qui nous ont précédés, marqués du signe de la Foi et qui dorment dans la Paix.

Chers frères et sœurs, ne l’oublions jamais ! La transfiguration du Christ est aussi la nôtre. Dans les premiers siècles, les baptisés étaient appelés « les illuminés » parce que remplis de la lumière du Christ. Même si aujourd’hui les baptisés ne sont plus appelés ainsi, ils sont  cependant toujours appelés à illuminer.

En d’autres termes, comment vivons-nous de la grâce de notre baptême ? Il me semble que c’est en laissant retentir la Parole de Dieu dans les oreilles de notre cœur : « celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-Le »; remarquons que c’est la même voix qu’au baptême de Jésus dans le Jourdain  (Marc 1.11). La Parole du Père vient authentifier celle du Fils : « écoutez-Le » ; sous entendu : « écoutez-Le »  quand Il vous dit qu’Il donne sa Vie afin que vous ayez vous aussi la Vie qui ne meurt pas.

Cette invitation  dans l’évangile de ce deuxième dimanche de carême  n’est pas seulement adressée à Pierre, Jacques et Jean ; elle est adressée à chacune et chacun de nous. Écouter Jésus, c’est accepter de le suivre, même si ce qu’il nous demande semble contradictoire avec la sagesse du monde ; c’est accepter de le suivre même s’il nous entraîne sur le chemin de la croix. C’est prendre de la hauteur par rapport à la mentalité ambiante, qui sous le couvert de la sagesse, nous enferme parfois dans des préoccupations trop humaines, trop mondaines. Écouter Jésus, c’est miser notre vie sur l’amour de Dieu et du prochain à travers le don que nous pouvons faire de nous-mêmes. On ne va à la Gloire que par le don de sa vie. Nous pouvons donc nous laisser illuminer par l’offrande de tout nous-mêmes par amour pour Dieu et notre prochain.

Chers frères et sœur, que donnons-nous au Seigneur ? Certes, il ne s’agit pas de sacrifier notre unique enfant pour prouver notre amour infini pour Dieu (cf . première lecture de ce dimanche) ; le Seigneur ne nous demande pas cela ! Il s’agit d’offrir ce que nous n’arrivons pas à offrir. Laissons-nous illuminer en acceptant d’avancer là où nous conduira le Christ ; certainement sur la montagne de la transfiguration.

 Baptisés, marchons avec le Christ ! N’est-ce pas la devise de notre secteur pastoral tout au long de ce carême et même au-delà ?

 Père Serge ODJOUSSOU