Le grand critère de la sainteté

Ces derniers temps, plusieurs d’entre nous ont vécu des moments forts et festifs : la Confirmation, le Baptême, la Première Communion…et bientôt la Profession de foi pour les jeunes des aumôneries Berlex et Offenbach.

Ce sont des étapes, des jalons de la vie chrétienne qui aident les disciples du Seigneur à avancer sur le chemin de sainteté, vocation pour nous tous.

Dans cette action de grâce, poursuivons en cette semaine l’exhortation à la sainteté du pape François en examinant : le grand critère » de la sainteté.

Pour lui, ce critère se trouve dans ce texte de l’Evangile qui reflète d’ailleurs la béatitude de miséricorde :

« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir » (Mt 25, 35-36).

Voici quelques développements de sa pensée découlant de ce critère fondamental :

« Dans cet appel à Le reconnaître dans les pauvres et les souffrants, se révèle le cœur même du Christ, ses sentiments et ses choix les plus profonds, auxquels tout saint essaie de se conformer » §96.

« Quand je rencontre une personne dormant exposée aux intempéries, dans une nuit froide, je peux considérer que ce fagot est un imprévu qui m’arrête, un délinquant désœuvré, un obstacle sur mon chemin, un aiguillon gênant pour ma conscience, un problème que doivent résoudre les hommes politiques, et peut-être même un déchet qui pollue l’espace public. Ou bien je peux réagir à partir de la foi et de la charité, et reconnaître en elle un être humain doté de la même dignité que moi, une créature infiniment aimée par le Père, une image de Dieu, un frère racheté par Jésus-Christ. C’est cela être chrétien ! Ou bien peut-on comprendre la sainteté en dehors de cette reconnaissance vivante de la dignité de tout être humain ? » §98

« Je regrette que parfois les idéologies nous conduisent à deux erreurs nuisibles. D’une part, celle des chrétiens qui séparent ces exigences de l’Evangile de leur relation personnelle avec le Seigneur, de l’union intérieure avec lui, de la grâce. Ainsi, le christianisme devient une espèce d’ONG, privée de cette mystique lumineuse qu’ont si bien vécue et manifestée saint François d’Assise, saint Vincent de Paul, sainte Teresa de Calcutta, et beaucoup d’autres. Chez ces grands saints, ni la prière, ni l’amour de Dieu, ni la lecture de l’Evangile n’ont diminué la passion ou l’efficacité du don de soi au prochain, mais bien au contraire » §100.

« Le consumérisme hédoniste peut nous jouer un mauvais tour, parce qu’avec l’obsession de passer du bon temps, nous finissons par être excessivement axés sur nous-mêmes, sur nos droits et sur la hantise d’avoir du temps libre pour en jouir. Il sera difficile pour nous de nous soucier de ceux qui se sentent mal et de consacrer des énergies à les aider, si nous ne cultivons pas une certaine austérité, si nous ne luttons pas contre cette fièvre que nous impose la société de consommation pour nous vendre des choses, et qui finit par nous transformer en pauvres insatisfaits qui veulent tout avoir et tout essayer. La consommation de l’information superficielle et les formes de communication rapide et virtuelle peuvent également être un facteur d’abrutissement qui nous enlève tout notre temps et nous éloigne de la chair souffrante des frères. Au milieu de ce tourbillon actuel, l’Évangile vient résonner de nouveau pour nous offrir une vie différente, plus saine et plus heureuse » §108.

P. Sâm Nguyen

Gaudete et Exsultate – L’appel à la Sainteté du Pape François