Édito de dimanche 28 juin 2020

DES CHOSES SIMPLES ET POURTANT ESSENTIELLES

En ce dernier dimanche de notre année pastorale alors que nous avons en tête l’été synonyme de repos, de soleil (et de chaleur…), de vacances pour essayer de passer à une autre période dans cette année si particulière, nous entendons des lectures bibliques qui nous parlent d’accueil, de proximité, de simplicité (le thème du verre d’eau offert) et cela nous réjouit.

Il y a du bon sens dans ces propos et on discerne là la source d’une tradition bien ancrée dans notre culture : un verre d’eau cela ne se refuse pas, une assiette de plus ajoutée au nombre des convives déjà annoncés, ce n’est pas un problème…

Pourtant nous avons tous en tête que pendant plus de deux mois ces réflexes ont été perturbés profondément parce que l’on nous a invités à nous méfier les uns des autres avec des slogans du type : « Pour être proche des nôtres, gardons nos distances ! » On comprend le message sanitaire, mais vous avouerez que c’est rude surtout quand on en vient à interdire la visite aux malades, aux personnes âgées et aux mourants en certains lieux alors que c’était possible en d’autres tout en se montrant prudents bien évidemment !

Vous remarquerez les deux parties dans le passage d’Evangile d’aujourd’hui extrait du discours apostolique de Jésus dans l’Evangile selon Saint Matthieu (chapitre 10, versets 37 à 42).

La première partie nous invite à travers des phrases extrêmement ciselées à ne rien préférer au Christ. Même nos amitiés et nos amours semblent être secondes par rapport à Lui… Qu’en dites-vous ? Que veut nous dire le Christ ici lorsqu’il envoie ses disciples en mission ? Sans doute qu’il y a des amitiés et des amours enfermantes, superficielles, infécondes… Peut-être faut-il remonter à la source de l’amour qui est en Dieu et que Jésus Christ nous a révélée pour ne pas nous perdre en chemin.

La seconde partie peut alors nous ramener à notre quotidien, à nos amis, nos connaissances, nos familles, nos engagements, ceux qui peinent, pour leur être proches et les servir à la manière de Jésus Christ : qu’ils soient disciples ou qu’ils ne le soient pas  d’ailleurs !

Plus que jamais ne perdons pas de vue le Seigneur source de consolation, d’espérance, d’horizon pour notre vie : celui de la rencontre pleine et entière avec le Seigneur dans l’au-delà de cette vie.

Mais, plus que jamais aussi soyons simples pour être essentiels en nous montrant attentifs à l’ordinaire de nos vies car c’est souvent là que l’extraordinaire s’y révèle.

En ce week-end où nous sommes invités à faire mémoire de ceux qui nous ont quittés parfois très douloureusement durant l’épidémie qui nous a frappés, confions-les au Seigneur et continuons à travers notre quotidien à rechercher le juste, le vrai, le bon, le beau qui nous conduisent aussi à Dieu.

Père Stéphane AULARD