Édito de dimanche 30 août

CELA NE T’ARRIVERA PAS !

Dans l’Evangile d’aujourd’hui (Matthieu 16,21-27) c’est l’apôtre Saint Pierre qui déclare cela à Jésus après que celui-ci lui a annoncé sa passion, sa mort et sa résurrection.

Vous avez sans doute remarqué que souvent nous pouvons dire quelque chose comme : « Ce n’est pas possible, cela n’arrivera pas ! »

En ce moment bien sûr nous pensons assez spontanément à la « deuxième vague » d’épidémie de la Coronavirus… : « Cela n’arrivera pas ! »

Durant cet été, des parents, des amis proches, des paroissiens nous ont quittés : « Ce n’est pas possible comment cela a-t-il pu leur arriver ? »

Devant des situations pénibles, inquiétantes nous réagissons souvent comme cela : « Ce n’est pas possible une chose pareille… Ça ne devrait pas arriver… C’est trop injuste ! »

C’est exactement comme cela que Saint Pierre dont nous entendions la magnifique profession de foi la semaine dernière réagit lorsque Jésus lui annonce sa passion et sa mort comme horizon…, puis sa résurrection. Il n’est pas prêt à entendre de pareils propos. Pour lui, le Christ, le Fils du Dieu vivant ne peut pas passer par de telles affres !

Comme tous les prêtres j’ai présidé de nombreuses célébrations de funérailles et j’ai entendu cette détresse… Moi-même j’ai quelquefois réagi au fond de moi en me disant : « Quand même c’est dur ce que cette famille vit : ça ne devrait pas exister… »

Essayons d’entrevoir la réflexion de Jésus qui nous invite à marcher derrière lui en prenant notre croix et à le suivre. Il ne s’agit assurément pas d’être défaitiste. Et si nous prenions la croix comme le signe de la lourdeur de la vie, la somme de nos questions, le présent incertain, une certaine navigation à vue. C’est cela frères et sœurs que nous avons à affronter avec dignité.

Ces propos peuvent vous sembler graves (gravis en latin signifie « lourd…). Il y a en toute vie humaine de la gravité ; il y a du tragique dans toute existence humaine. Cela ne veut pas dire que nous sommes condamnés comme Sisyphe à pousser un énorme bloc de rocher jusqu’en haut d’une montagne et que cela va à la fin nous retomber dessus.

Depuis que le Christ est venu, nous savons que faire de notre vie une offrande de nous-même, un « sacrifice » de notre personne (c’est ce que nous dit Saint Paul dans la seconde lecture) exprime une autre détermination, une autre volonté humaine et pour nous croyants, nous savons que nous pouvons nous situer ainsi dans la vie  et que cela change tout.

Méditons pour finir la quatrième strophe du psaume 62 médité aujourd’hui :
« Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
 Mon âme s’attache à toi, ta main droite me soutient. »

                                                              Père Stéphane AULARD, votre curé