Édito de dimanche 13 septembre

Chers amis,

Hier, nous fêtions le saint Nom de Marie, quelle grâce pour nous que de méditer sur le mystère de Marie, la patronne de notre paroisse.

La Fête du Saint Nom de Marie fut établie par le Pape Innocent XI, l’an 1683, en souvenir d’une mémorable victoire remportée par les chrétiens avec la protection visible de la Reine du Ciel sur un cruel sultan des Turcs, qui menaçait avec insulte de soumettre les peuples chrétiens à sa tyrannie mahométane. Cent cinquante mille turcs s’étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l’Europe entière et toute la chrétienté. Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l’Octave de la Nativité de la Sainte Vierge, et se disposa à livrer une bataille générale. Ce religieux prince commença par faire Célébrer la Messe, qu’il voulut  servir lui-même, ayant les bras en Croix. Après y avoir Communié avec ferveur, il se leva à la fin du Sacrifice et s’écria : « Marchons avec confiance sous la protection du Ciel et avec l’assistance de la Très Sainte Vierge.» Son espoir ne fut pas trompé : les turcs, frappés d’une terreur panique, prirent la fuite en désordre.

C’est depuis cette époque mémorable que la Fête du Saint Nom de Marie se célèbre dans l’Octave de sa Nativité. Ce Nom vénérable était déjà honoré depuis longtemps par un culte spécial dans le monde chrétien ; le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les saints se sont essayés à l’envie à retracer les merveilles du nom de Marie. La première gloire de ce nom béni, c’est qu’il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l’archange Gabriel le prononça d’une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour: “Je vous salue Marie…”

« Et le nom de la Vierge était Marie » (Lc 1, 27). Le saint Nom de Marie nous a été donné simplement, non qu’il soit de peu d’importance, mais le bon Dieu voulait qu’on y ait recours facilement. Ce Nom nous est révélé pour que nous l’invoquions avec confiance. Jusqu’au dernier moment de notre vie, et pour le plus renégat des pécheurs, il est encore possible d’invoquer Marie, « maintenant et à l’heure de notre mort ». Il nous est révélé pour que nous chantions ses louanges « Salve Mater misericordiae (…) O Maria ». Enfin pour que nous réparions pour les blasphèmes par lesquels il est outragé. Ne le prononçons jamais en vain !

De nombreux Saints ont honoré le Nom de Marie. Le grand saint Ambroise de Milan (+397) écrivait : « Votre Nom, ô Marie, est un baume délicieux qui répand l’odeur de la grâce ! », saint Bernard de Clairvaux (+1153) y voit un refuge dans le combat spirituel: « Le seul Nom de Marie met en fuite tous les démons », saint Bonaventure (+1274) prie ainsi la Vierge Marie : « Que Votre Nom est Glorieux, ô Sainte Mère de Dieu ! Qu’il est Glorieux, ce Nom qui a été la source de tant de merveilles ! » et le bienheureux Henri Suzo (+1365) s’exclame : « O Nom plein de suavité ! O Marie ! Qui êtes-Vous donc vous-même, si votre Nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ? »

Que la Céleste Mère de Dieu, qui nous accompagne tout au long de l’année liturgique, nous guide sur le chemin d’une adhésion à l’Évangile toujours plus parfaite !

Abbé Vincent Schlatter de Pomphily