Paroles, méditations, partages, réflexions, écrits de paroissiens

Bonjour à tous,

Cette page est dédiée à tous les paroissiens qui souhaitent partager avec la communauté leurs ou des textes, réflexions, médiations… .

Je vous soumets donc, pour cette entrée en Avent, un nouveau décalogue… à méditer et à mettre en pratique.
  1. L’espérance jamais tu n’abandonneras.
  2. Les décisions incohérentes des pouvoirs publics patiemment tu supporteras.
  3. L’unité de l’Eglise toujours tu désireras.
  4. Ceux qui sont dans la peine, ceux qui sont privés de tout, point tu n’oublieras.
  5. L’eucharistie, comme un don, humblement tu accueilleras.
  6. Ton horaire de messe, avec souplesse, tu choisiras.
  7. Les consignes données par les équipes d’accueil, docilement tu observeras.
  8. Les gestes barrières, dans l’église, encore et toujours tu respecteras.
  9. Aux ressources matérielles de la paroisse, à ta mesure tu contribueras.
  10. A la paix de Noël, dès aujourd’hui, tu aspireras.
Vivons ce temps de l’Avent comme des veilleurs qui entretiennent, malgré les difficultés, le feu de l’espérance. Et entraînons sur notre chemin, tous ceux qui ont besoin de réconfort et attendent un jour nouveau.
Père Jérôme Thuault, Curé Paroisse Saint Pierre de Charenton

LETTRE APOSTOLIQUE ADMIRABILE SIGNUM

DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS
SUR LA SIGNIFICATION ET LA VALEUR DE LA CRÈCHE

Le merveilleux signe de la crèche, si chère au peuple chrétien, suscite toujours stupeur et émerveillement. Représenter l’événement de la naissance de Jésus, équivaut à annoncer le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu avec simplicité et joie. La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture. En contemplant la scène de Noël, nous sommes invités à nous mettre spirituellement en chemin, attirés par l’humilité de Celui qui s’est fait homme pour rencontrer chaque homme. Et, nous découvrons qu’Il nous aime jusqu’au point de s’unir à nous, pour que nous aussi nous puissions nous unir à Lui.

Lire la lettre en entier

Le Pape veut que soit maintenue vivante la belle tradition de la crèche. En savoir plus >

Partage de la méditation du P. François Boëdec sj, Provincial des jésuites d’Europe occidentale francophone, que vous pouvez trouver ci-dessous :

Entrer en Avent

Entrer en Avent, c’est accepter de n’être plus ce petit soldat qui court sur son rempart intérieur pour colmater chaque brèche des murailles.
Entrer en Avent, c’est consentir à entrer dans le vrai mouvement de la vie spirituelle : celui d’être là, pour accueillir la vie qui vient, Dieu lui-même. Et ne pas vouloir être le maître de ce mouvement-là.
Entrer en Avent, c’est se savoir profondément travaillé à l’intime de soi, mystérieusement attiré par un appel à naître et à renaître.
Entrer en Avent, c’est n’être ni rassasié ni repus, mais se mettre à l’écoute de ce qui murmure – ou crie – au fond de soi et appelle à se dire.
Entrer en Avent, c’est Le regarder venir et s’approcher, avoir le visage, le cœur et l’être tournés vers cette rencontre, la découvrant comme la rencontre la plus importante de son existence.
Entrer en Avent, c’est demeurer à cette place-là, et ne pas s’y dérober au nom de fausses urgences et de gratifiantes sollicitations.
Entrer en Avent, c’est rassembler ce qu’il faut au seuil de l’hiver, pour les grandes traversées intérieures qui de Noël à Pâques, conduisent aux vrais passages.
Entrer en Avent, c’est accepter de tâtonner parfois dans l’obscurité, et de marcher vers l’étoile sans se tromper de lumière dans la nuit froide et clinquante de décembre.
Entrer en Avent, c’est refuser d’avoir une « âme habituée », ne se décourager ni de soi, ni des autres, ni de Dieu, se réjouir d’être en route et découvrir qu’on n’y est pas seul.
Entrer en Avent, c’est laisser ce qui encombre et alourdit la vie et le cœur, pour ne garder que l’essentiel, les vrais trésors, demain, à offrir au Roi.
Entrer en Avent, c’est ne pas se désoler de savoir si peu et si mal aimer, mais se réjouir profondément d’être sans cesse rattrapé par un amour étonnamment capable de faire battre de manière plus juste et vraie le cœur de sa vie.
Entrer en Avent, c’est faire aujourd’hui ce que l’on peut, savoir que le reste ne nous appartient pas, et que l’essentiel nous sera donné.

Lire le texte 

Le Chœur Liturgique de Notre Dame de Vincennes : à nouveau confiné, mais en route !

A la rentrée de septembre, le chœur a pu reprendre ses répétitions, mais, hélas, il a dû rapidement les suspendre, compte tenu de la situation sanitaire. Depuis le mois de mars, il n’a pas pu chanter lors d’une messe paroissiale, à son grand regret.

Pour autant, il n’était pas question que cette deuxième vague décourage le chœur, bien au contraire !

Il s’est donc mis en marche dès le début du mois de novembre, afin d’être prêt pour le premier dimanche de l’Avent. Car, « à travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route » (Luc, 3, 3). En ce temps de préparation à Noël, le chœur liturgique, confiné, accompagné d’une vingtaine de musiciens, eux aussi confinés, vous invite en musique, à préparer les chemins du Seigneur, à écouter, à veiller, à ouvrir vos cœurs ! Le prophète Isaïe nous le rappelle : « Tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu » (Is 40, 3)

Aujourd’hui, le chœur est heureux de vous partager sa version confinée du chant : « Préparez, à travers le désert ». Comme pour le marcheur du dessin, que les quatre palmiers qui jalonnent sa route de l’Avent soient aussi pour nous des oasis qui nous aideront à cheminer jusqu’à Noël, confiants et remplis d’espérance, « car il vient, il vient le Sauveur ! »

 

Et pour chanter avec nous, la partition : Preparez-a-travers-le-desert

Votre chœur toujours souriant sous les masques

Pour nourrir notre espérance la messe…

« Nous ne sommes pas rassemblés pour défendre le droit des catholiques à un privilège. Nous ne sommes pas rassemblés  pour opposer les droits de notre communauté aux inquiétudes qui traversent la population française.
Car d’abord, nous faisons partie de ce peuple qui accompagne ses proches dans la mort et dont l’avenir économique et politique s’assombrit de jour en jour.
Nous ne revendiquons pas un droit individuel ou communautaire, dont le refus ferait de nous des victimes. Au contraire, nous témoignons d’un besoin, d’une faim qui est en même temps une chance pour notre pays, bien au-delà des catholiques.
Il est en effet question d’un besoin vital. Sans la célébration eucharistique, l’Eglise, comme peuple de Dieu, n’existe plus. En 304, les chrétiens d’Abitène, dans l’actuelle Tunisie, refusaient un affrontement stérile avec le pouvoir impérial. Quand toutefois l’empereur Dioclétien ajouta aux privations celle de se rassembler le dimanche, les chrétiens déclarèrent : « Sine dominico non possumus. » « Sans dimanche, nous ne pouvons pas vivre », nous ne pouvons plus exister.
Mais ce besoin vital de pratiquer notre religion n’est pas centré sur nous. Il rayonne bien au-delà des catholiques et plonge ses racines dans cette terre de liberté et de fraternité qu’on appelle la France. Célébrer la messe, c’est nourrir le besoin vital d’être non seulement les uns à côté des autres, dans les transports ou au supermarché, mais les uns aux côtés des autres. Défendre la messe, ce n’est pas faire jouer le religieux contre le social, les droits du Ciel contre les urgences sanitaires, plus terre-à-terre. C’est vouloir accueillir celles et ceux, catholiques ou non, qui aujourd’hui perdent leur emploi, perdent des proches et perdent l’espérance.
Sans l’espérance, la santé n’est rien. Sans l’espérance, la santé ne fait que prolonger une vie amère. Mais l’espérance n’est pas l’espoir. Elle ne dépend pas de la volonté individuelle. L’espérance, vertu fragile entre toutes, se reçoit de plus loin. Elle se vit dans la peine quand elle est partagée entre frères. Elle se nourrit du pain eucharistique, de ce Dieu qui se penche sur l’homme et le rejoint dans un simple bout de pain.
Pour celles et ceux qui n’ont pas le bonheur d’y croire, Dieu sous la forme du pain, c’est tout simplement impossible. Comme est impossible que Dieu ait pu être un bébé, abandonné aux soins d’une mère puis à la malice des hommes. Comme il est impossible que, par amour, ce même Dieu ait été cloué sur une croix afin de vaincre la mort, afin de répandre sa Vie sur l’humanité entière.
Si nous ne revendiquons pas un droit parmi d’autres, c’est parce que nous pressentons qu’en ces temps d’épreuve, dont nul ne sortira indemne, les Français ont besoin de ce qu’aucune institution humaine, de ce qu’aucune mesure, économique ou sanitaire, ne pourra leur offrir : les Français ont besoin que soit manifestée l’action de ce Dieu d’amour dont on dit que rien ne lui est impossible.
Les Français ont besoin de la prière incarnée, communautaire mais communicative, des catholiques de France.
Le dimanche, en semaine, les cloches sonnent pour rassembler des femmes et des hommes qui croient que le mal n’aura pas le dernier mot, parce que le Christ le lui a pour toujours enlevé. N’étouffez pas ce signe d’espérance au cœur de notre nation à l’heure où elle en a tant besoin.
Le déconfinement a prouvé que les chrétiens savent être prudents et responsables, que leurs églises sont assez larges pour assurer la sécurité de tous. Même du point de vue de ceux qui ne croient pas au Ciel, les catholiques ne font donc aucun mal en maintenant l’Eglise vivante. Pourquoi donc ne pas les laisser faire le bien qu’ils peuvent, en vivant ensemble, mais pour tous, le don de l’espérance ? ».

Martin STEFFENS, philosophe

Poème de Circonstance

Comment venir à bout de ce méchant virus ?
Pourrait-on insérer, sous la peau, une puce
Comme un nouveau vaccin qui nous protègerait ?
Est-ce que les chercheurs un jour y songeraient ?
Tous les professionnels et tous les scientifiques,
Dépassés par cette covid prolifique,
Ne peuvent être d’accord entre eux, c’est bien dommage.
Tous ceux qui interviennent, quel que soit leur âge,
Se disent dépassés, et nous devons nager
Entre des opinions souvent fort éloignées ;
Dans les laboratoires, affolement général
Pour trouver au plus vite un remède génial.
Et dans les hôpitaux, en réanimation,
Le personnel s’épuise, trop souvent sous tension.
Tous les jours les médias annoncent les statistiques :
Le phénomène empire, et c’est catastrophique.
On ferme tour à tour les bars, les restaurants,
Et le télé travail devient prédominant.
La sortie des écoles, des collèges, des lycées
Se traduit par des hordes d’enfants entassés
Qui restent agglutinés dès les grilles franchies,
En enlevant les masques, ce n’est pas un souci !
Les politiques s’affolent et prennent des mesures
Qui changent sans arrêt, et tout le monde murmure.
Les jeunes ne voudraient pas connaître de limites
Et d’un commun accord, déjà, ils militent
Pour qu’on isole les « vieux », jugés plus vulnérables,
Qu’on les enferme comme s’ils étaient méprisables.
Lorsque l’angoisse monte, la colère se déverse
Sur tous les responsables comme si une averse
Tel un torrent fougueux broyait sur son passage
Les mots d’apaisement tentés par les plus sages.
Et pour nous qui n’avons comme crédibilité
Que notre bonne foi, notre désir d’aider,
De mettre un terme à tant d’inhumaines souffrances
Qui sévissent dans le monde, comme chez nous, en France,
Il nous reste une seule arme : celle de la prière
Maladroite et timide, mais dont nous sommes fiers.
Dans les églises ouvertes, le Seigneur nous attend,
Ouvrant son cœur de Père, accueillant ses enfants.
Cette arme paraît désuète, fragile, inefficace,
Et c’est pourtant la seule, même si elle nous dépasse.

Sylvette Wallois

Un paroissien nous partage le texte de Pierre Durieux, tiré de Aleteia,

Pierre Durieux a imaginé la dernière épître (virtuelle) de saint Paul s’adressant du Ciel aux Gallo-romains éprouvés par l’épidémie et le confinement. En l’attente de la reprise de la messe, l’apôtre des nations propose de retrouver le chemin de l’adoration. Inspirant et exclusif.

Frères et sœurs, on me rapporte que vous vous sentez faibles… On me dit que la situation de votre pays est complexe en ce moment. Votre Église vient de demander à vos gouvernants s’il était possible de célébrer la messe, dans vos églises qui ne vous appartiennent plus depuis l’édit de séparation de l’an 1905 après la naissance du Christ. C’est ça ? Et vos autorités auraient refusé à votre Église la célébration des messes en raison des normes sanitaires, tout en permettant des moments de prière. C’est bien ça ! Comme cela risque de durer ou de se reproduire, vous me demandez mon avis… Tout cela est effroyablement compliqué pour moi qui suis un vieil homme… Mais puisque vous insistez, moi, Paul, j’écris ces mots de ma propre main. Lire la suite >

L’ auteur

Martine Digard est une paroissienne active de la paroisse de Notre Dame de Vincennes.

  • Son premier livre : « Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu » (Ed. L’Harmattan. 2014)
  • Puis elle s’est livrée ensuite avec humour dans « Confession d’une grenouille de bénitier » (Saint Léger Editions. 2018).
  • A présent, souvent appelée Grenouille, elle raconte avec sincérité comment se déroule une oraison dans « Grenouille entre en Oraison » (Saint Léger Editions. 2020).

 

De très nombreux paroissiens connaissent Gabriel Le Roy et son épouse Laurence, tous deux très engagés dans la vie de la paroisse.
Gabriel nous a quittés samedi 27 juin et ses obsèques se sont déroulées jeudi 2 juillet.
Nous sommes en union de prière avec Laurence, ses enfants Noah, Shirley et Martin et ses proches.

En vous rendant sur cet espace privé, vous pourrez partager un message de condoléances, un souvenir, une photo.

Bonsoir à tous,
Comme promis, nous vous envoyons quelques nouvelles sur le Groupe Jacques Deschamps accompagné d’une petite photo.
En cette période de confinement inédite, le scoutisme a pu continuer à vivre grâce à l’élan des chefs et à l’envie des jeunes de continuer à vivre leur aventure scoute autrement à travers des actions solidaires et des petites activités à distance.
Des initiatives solidaires ont eu lieu, des plus petits au plus grands!
Les plus petits, les Farfadets (6-7 ans) et les Guides (11-14)  ont fait de très beaux dessins pour des salles de repos de soignants et pour des personnes âgées dans des EHPAD du Val de Marne.
Les plus grands (Chefs et Compagnons (17-21 ans) se sont notamment mobilisés pour envoyer des chèques alimentaires aux plus démunis avec la Croix Rouge.
Des initiatives ont aussi été prises par les différentes maîtrises (chefs d’une unité) pour continuer à faire vivre le scoutisme aux Jeunes au sein de leurs Unités et ont proposé des défis divers et variés! Les idées n’ont pas manqué!
Les Louveteaux (8-11 ans) avaient des défis à relever: créer un petit personnage écolo vivant dans les bois et raconter son histoire et ce qui le caractérise etc…. De belles créations ont été réalisées!
Les Jeannettes, dont le thème de l’année est « Les espions » recevaient et envoyaient des messages à décoder entre elles. Elles maîtrisent maintenant parfaitement le code Avocat et le code des Templiers!
Les Guides ont notamment fait les « Olympiades du confinement » ! Très innovante dans l’histoire du scoutisme, ces olympiades se sont déroulées par équipes via de nombreux challenges à réaliser en lien avec le scoutisme.
Les Pionniers-Caravelles (17-21) ont lancé une activité « Top Chefs » et plusieurs autres challenges filmés.
And last but not least, grand rassemblement Scout du Groupe Jacques Deschamps confinés en photos! (en p.j)
Amitiés scoutes,
Isabelle et Damien

Bonjour,

Le Chœur Liturgique de Notre-Dame de Vincennes, malgré le confinement, reste actif et en union de prière avec vous, avec nos diacres, nos prêtres et nos évêques.

Après Pâques, il continue de vous accompagner par le chant en ce mois de mai consacré à Marie. Le Pape François nous invite à prier le chapelet au mois de mai et nous offre deux prières à la Vierge Marie qu’il a composées. Le Chœur Liturgique de Notre-Dame de Vincennes s’associe à cette démarche en vous proposant un chant inspiré du Magnificat que chante Marie lors de la Visitation, épisode relaté dans l’évangile selon Saint Luc (1, 46-55), quand elle va voir sa cousine Elisabeth qui va bientôt enfanter. C’est une invitation pour tout chrétien à aller au-devant de l’autre, à aller vers son prochain.

Chacun chez soi, mais tous ensemble ! Le Chœur Liturgique réitère son expérience en mode « confiné ». Choristes et musiciens, confinés chacun chez soi, se sont armés de courage et de patience pour enregistrer individuellement leur voix à distance. Ensuite, la baguette virtuelle de leur chef ,assistée d’un informaticien aguerri, a permis de « faire chœur » !

Aujourd’hui, le chœur est heureux de partager avec vous le chant « Chantez avec moi le Seigneur », car pour Marie « il a fait des merveilles, et pour vous il fera de même » … et là le lien vers le chant.

En ce qui concerne l’équipe ACAT de Fontenay-Vincennes, nous continuons à écrire au prisonnier du Bahreïn que nous suivons depuis plusieurs années. Seul le rédacteur signe au nom de l’équipe alors qu’habituellement, tous les membres signent.

Ce mois-ci c’était mon tour de rédiger la lettre. Ce n’est pas toujours facile de trouver l’inspiration car nous écrivons à un pays où la tolérance religieuse et les droits de l’homme ne sont pas la préoccupation du gouvernement et nous devons veiller à ne pas risquer de nuire au prisonnier et à d’autres opposants. « Notre » prisonnier a été torturé et condamné en 2013 à 15 ans de prison à la suite des manifestations pour les droits de l’homme. Nous écrivons à la prison mais, depuis 2013, nous n’avons aucune nouvelle de lui et, évidemment, aucune réponse à nos courriers.

Eh bien ce mois-ci, le sujet était tout trouvé, le coronavirus! Avec quelques mots repris de l’homélie des pèlerins d’Emmaüs, sans que l’auteur ni les pèlerins ne soient cités pour les raisons invoquées ci-dessus. Le père Stéphane me pardonnera, j’espère, ce léger plagiat.

En communion de prière
Catherine

La paix soit avec vous

L’Evangile du deuxième dimanche de Pâques (Jean 20,19-31) est particulièrement bien adapté à la période que nous vivons. Jésus rend visite à ses disciples qui sont enfermés dans un climat très anxiogène et les salue en leur disant ; « la paix soit avec vous ! ». Ce n’est pas une simple formule de politesse comme bonjour, bonsoir, car, par sa présence, Jésus, vainqueur de la mort, offre à ses disciples et à toute l’humanité l’Espérance d’une Vie éternelle… Ce Salut de Dieu s’adresse aussi à nous.

Dans la vie courante, les juifs peuvent se saluer par un chaleureux Shalom et les musulmans par un Salam Aleykoum qui fait référence à la paix, paix entre individus, mais aussi paix intérieure, sérénité profonde. Pour nous chrétiens, la paix est un don de Dieu. Dans le rituel de la messe, nous invoquons cette paix. Nous chantons Gloire à Dieu au plus haut de cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime et dans l’Agnus Dei : Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde donne nous la paix et le prêtre bénit les fidèles en disant : Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.

La paix soit avec vous ! C’est cette même pensée que nous pouvons avoir pour les malades, les mourants qui sont actuellement dans nos hôpitaux, mais aussi pour les soignants, les aidants, les servants et finalement pour nous tous qui vivons dans l’angoisse de lendemains difficiles. Chaque soir, quand à la télévision le professeur Jérôme Salomon fait le point sur la pandémie qui sévit dans le monde entier et qu’il énumère le nombre de morts, ses paroles monotones et incantatoires me font penser à la litanie des saints et au destin commun de l’humanité, la communion des saints.

L’Evangile nous dit : heureux ceux qui croient sans avoir vu. Comment croire de nos jours ? Notre société vit dans la peur et la défiance et la crainte de transmettre un virus très dangereux nous a imposé un confinement qui modifie tous nos repères. De la même façon que Thomas (notre jumeau), a voulu voir de ses yeux et toucher de ses mains le corps du Christ, nous avons besoin d’avoir une proximité physique avec notre « prochain ». Ne plus s’embrasser, se serrer la main, toucher une personne qu’on aime, ne plus pouvoir se réunir pour une fête familiale, une cérémonie de mariage, d’enterrement, discuter entre amis, aller au restaurant, à l’école, avoir un travail normal, tout ceci bouleverse notre actuel mode de vie. Pour nous chrétiens, ne plus pouvoir accéder aux sacrements, ne plus pouvoir participer physiquement à la messe dominicale et pouvoir communier comme c’est l’habitude dans nos communautés peut être vécu comme une frustration. Le sacrement de l’Eucharistie nous permettait une rencontre intime avec Jésus. Dorénavant, Il faut trouver un autre chemin. En cette période perturbée, il faut nous adapter pour persévérer dans la Foi. Heureux ceux qui croient sans avoir vu, mais aussi ceux qui croient en sachant voir : Voir la beauté de la Création, voir tous les élans de charité et de solidarité qui animent dans le monde tous les hommes de bonne volonté et voir en Jésus le chemin de la Vérité. Certes nous sommes responsables de nos vies, appelés à agir et à lutter, mais si nous sommes croyants, nous prions Dieu, puissance spirituelle infinie, source immense d’amour, d’espérance et de force, fenêtre ouverte sur un autre monde de lumière et de paix.

Prions l’Esprit, n’ayons pas peur et faisons confiance à Dieu notre Père !

Joseph MARTEAU (Equipe du journal « Regards »)

Avec en tête l’évangile de Marie de Magdala au tombeau de mardi dernier.

Il n’est pas là au tombeau, ce Jésus que pourtant on a bien vu mort. Il n’est pas là. Absent. Noir. Insupportable. Il aurait du être là, même mort. Qui l’a emporté ? Toi ? le jardinier ? Dieu caché. La nuit obscure ne se déchire que par instants. Le cœur brûle dans l’absence. Ainsi, le désir aujourd’hui. Le jeûne eucharistique, le jeûne de l’assemblée, des amis, des autres. On ne croise même pas le jardinier. Où est-il, le jardinier ? Le prêtre seul devant son téléphone portable célèbre la messe. Seul. Il parle à des êtres invisibles. Le jardinier est invisible. Dieu est invisible. Marie au tombeau l’attend, le réclame, le cherche. Le désir s’accroît, le vase de parfum est oublié, le parfum s’élève du creux du désir. L’attente ? Jusqu’à quand ?

Maintenant. C’est maintenant. Dans l’aujourd’hui de l’attente. Persévérance, constance. Il faut s’accrocher. Croire. Croire qu’au profond du désert, Il est là. Dieu. Le jardinier. Et que, quand le prêtre seul, élève la coupe et le pain consacré, la Présence entre dans le profond du cœur, spirituellement, apaise le désir, et l’accroît de surcroît.

Martine Digard

Alors que certains comme Georges Perec dans « la disparition » ont su écrire un roman qui ne comporte aucun « e », je vous propose une prière rédigée sans « a »…comme quelque chose dont nous sommes privés, un vide quotidien que le Seigneur remplit.

Nous voici Seigneur, humbles et tournés vers Toi,
Tu vois notre désarroi, notre difficulté pour rester sereins et ne pouvoir rien mener ni décider,
Tu vois notre peine, voire notre détresse si un proche nous quitte alors que le Covid 19 est survenu,
Tu vois nos joies, nos sourires entendus lors d’une visio où se rejoignent nos Frères.
Seigneur, donne-nous Ton soutien pour réussir l’exploit d’éliminer notre peur et notre tristesse,
Seigneur, donne-nous de profiter de ce temps retrouvé, de réfléchir sur notre vie, de souffler un peu, de Te prier longuement.
Seigneur, même si ces jours sont bien compliqués, nous imposent une expérience non encore vécue précédemment, nous osons Te remercier de ce moment suspendu, un peu hors du temps.

Claire Guichard

Quand Il se lèvera pour faire trembler la terre, dit le prophète Isaïe.
L’orgueil humain baissera les yeux,
L’arrogance des hommes sera humiliée,
YHWH sera exalté, Lui seul, en ce jour-là.(1)

C’est l’horreur, et c’est l’Espérance. Il ne sait pas ce qu’il dit, celui qui dit : Que ton règne vienne… Cela ressemble bien à ça. Oui, l’orgueil humain baisse les yeux : plus de projets fantastiques, sportifs, consuméristes, assassins. Non, on a peur, on meurt ou alors on se lave les mains. On se les re-lave. On lave les poignées, les ordinateurs, les vêtements, les choses. Quant on peut. Car il y a des endroits où l’eau manque. Tout manque soudain : les promenades, les amis, le travail, l’embrassée chaleureuse, même l’Eucharistie. Plus rien. Des masques. Même pas. Oui l’orgueil des hommes s’est abaissé. L’arrogance humiliée. On croyait pouvoir tout. On ne peut rien. Survivre.

Pourtant dans le silence et l’humilité, YHWH est exalté : des personnes ordinaires donnent leur vie. Elles s’occupent des malades, en meurent elles-mêmes parfois. Oui, elles, sans le savoir, se sont consacrées. D’autres continuent à travailler pour que les vivants ne meurent pas de faim. Et d’autres…. Ils sont nombreux ceux et celles qui risquent tout pour cette terre. Et la terre revit, les oiseaux chantent, le nuage de pollution se disperse, ls politiques réfléchissent…On se dit alors : est-ce que ceci était bien nécessaire ? Et puis on se dit : où est-il mon Dieu ? Et les chapelets se murmurent, les psaumes se récitent : Un pauvre a crié, le Seigneur écoute (2)…

Oui c’est cela, Dieu écoute, et nous on l’oubliait. Écoutons-le, nous : faisons silence et nous l’exalterons. Exaltons-le : Mon âme exalte le Seigneur(3). Cela suffit, cela suffit à élargir le cœur. La terre s’effondre, mais on retrouve le cœur. Et si l’on retrouve le cœur, alors, le Seigneur dit : Au moment favorable, je t’ai exaucé, au jour du salut, je t’ai secouru.(4) Confiance, Espérance. C’est ce qui demeure.

(1) Is – (2), 10b-11. 2 Ps 33 (34),7. (3) Premier verset du Magnificat. (4) Is 49,8.
Martine Digard