HOMÉLIE DE PÂQUES 2017

HOMÉLIE DE PÂQUES (16-17 avril 2017)

A Pâques, les chrétiens de toutes Églises célèbrent leur foi : en Jésus Christ Notre Seigneur la mort a été vaincue, le Salut des hommes a été accompli, le monde se sait orienté grâce à Celui qui, par son engagement dans notre histoire et par sa Résurrection, nous offre les clefs d’une vie sensée et bonne.
En entendant ces quelques paroles qui s’essaient à résumer ce qu’est notre foi, peut-être nous trouvons-nous démunis. Peut-être certains se disent-ils : « Comme j’aimerais y croire, mais quand je regarde ce monde dans lequel je me trouve combien cela semble bien peu de choses au regard des forces terribles qui s’acharnent à tout détruire. »
Oui, les menaces de guerre ne sont plus hypothétiques. Le pape François nous l’a déjà dit : la 3ème Guerre mondiale a déjà commencé et ce qui la caractérise c’est qu’il n’y a pas un seul front, mais que la violence organisée et furieuse peut fondre à tout moment et atteindre tout un chacun. Les gens de ma génération qui croyaient suite au vibrant appel de Paul VI à l’ONU en 1965: « Plus jamais la guerre ! » ou après la chute du Mur de Berlin en 1989 que nous en avions fini pour toujours avec la guerre…, sont pris à revers.
Cette violence prend aussi d’autres visages que la guerre ou le terrorisme : ce sont les maladies non éradiquées et qui frappent les plus pauvres : sans oublier le sida, le virus Ebola ou le paludisme tuent encore des populations entières. Des personnes déplacées cherchent un refuge en errant un peu partout dans le monde. Notre propre pays n’échappe pas aux affaires sordides qui nous font douter de tous et de chacun…
Dieu nous aurait-Il abandonné ?
Le bien et l’amour pur auraient-ils déserté définitivement nos cœurs et nos contrées ?
La foi ne serait-elle qu’un souvenir lointain à l’image des vieilles pierres de nos églises comme un patrimoine devenu indéchiffrable pour beaucoup ?
Je vous propose un autre regard pour observer ce que nous vivons…
De nombreuses personnes adultes se préparent au baptême en France (4503 cette année), et donc dans notre diocèse de Créteil : 150 adultes sont baptisés aujourd’hui dans nos paroisses dont 3 ici à ND de Vincennes. De nombreux jeunes adolescents aussi se préparent dans les aumôneries de collèges et de lycées dont six ici à ND de Vincennes.
Ces personnes n’ont pas été forcées. Elles ont pris le temps de cheminer en étant accompagnées par des chrétiens laïcs et prêtres. Elles n’ont pas de problème psychologique particulier, mais elles ont découvert en lisant l’Évangile, en parlant avec d’autres que la foi au Christ peut nous aider puissamment à mener notre vie et à la découvrir comme une traversée où l’on n’est pas seul.
Au fait, n’est-ce pas le sens même du mot d’origine hébraïque « Pâques » : « la traversée ». Notre vie est un pèlerinage, une traversée au long cours avec des étapes, des moments clef, des rencontres et des épreuves. Le Christ est Celui qui voudrait être pour nous un compagnon, un passeur qui nous aide à mener notre barque à bon port.
J’entends déjà des objections formulées contre la foi et Dieu auquel on peut donner sa foi : « oui, dans un moment de solitude, d’épreuve, de souffrance, vous avez eu le sentiment d’être aidée(e), mais tout cela n’est qu’une illusion parce que vous aviez peur… »
Mais, frères et sœurs, qui d’entre nous n’a pas besoin d’être aidé, soutenu, encouragé ? Qui d’entre nous n’a jamais été pris d’angoisse, d’incertitude ? Dans notre société, on est vite seul à se débrouiller comme le chantait naguère Alain SOUCHON lorsqu’il évoquait « l’ultra moderne solitude »…
Alors laissons les esprits forts qui ne sont peut-être que des colosses aux pieds d’argile en leur souhaitant de n’être jamais désespérés et acceptons d’entrer dans le compagnonnage de Jésus Christ miséricordieux, aimant, doux et humble.
Je vous parle au présent de Jésus Christ non pas comme s’il s’agissait d’une grande idée qui traverserait les siècles. Je vous parle de Jésus Christ, le meilleur ami de tout homme et de tous les hommes. Je vous parle de Jésus Christ qui dans l’intime de votre cœur aujourd’hui veut vous rejoindre et vous parler car Il est vivant, Il est ressuscité. Il est à jamais vivant. Il ne nous dit pas qu’une vie bonne c’est une vie lisse, sans aspérités d’aucune sorte, sans difficultés, sans fragilités erreurs ou péchés. Il nous invite à prendre sa Parole en nos vies et à nous en nourrir personnellement et en la partageant avec d’autres pour nous encourager mutuellement. Il nous invite à Le rencontrer dans tous les sacrements qui élèvent tous nos actes : du baptême au mariage ou à l’ordination des diacres et des prêtres en passant par la confirmation, la confession des péchés, l’onction des malades et bien sûr la communion eucharistique.
Prenez Jésus le vivant avec vous !
Priez-le chaque jour à un moment de votre journée en commençant par le silence qui est l’apaisement de votre cœur et en vous disposant à l’entendre derrière le battement de votre cœur !
Rejoignez vos frères et sœurs chrétiens engagés au service des autres pour que la vie de Jésus -lui qui est la Résurrection- se diffuse patiemment, gentiment autour de vous : je pense en particulier aux groupes caritatifs qui accompagnent les personnes en difficultés, aux aumôneries d’hôpitaux qui ont besoin de bénévoles pour aller à la rencontre de leurs frères et à tant de groupes qui prennent soin des autres en acceptant que le Christ commence par prendre soin d’eux !
Oui en ce jour de Pâques, dans les incertitudes et les troubles qui sont les nôtres, le Christ fait signe à chacun d’entre nous puisqu’Il est vivant. Il fait signe à notre Eglise qui est son Corps diffusé dans le temps et dans l’espace : peuple de pécheurs ; peuple de sauvés, peuple joyeux car il sait de qui il tient la vie, à quelle mission il est affecté et quel est le sens ultime de son existence : tout sera récapitulé ! L’amour véritable triomphera. Mais, dès maintenant, la joie de connaître le Christ transfigure nos vies, ce n’est pas un vain mot. Alors diffusons-la !
Amen, alléluia !

Père Stéphane AULARD

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